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L. Hogan – Power

Posted by danakame sur 26 août 2009

Auteurs indiens d’Amérique

powerweb

Floride, près des marais. Epoque contemporaine.
La narratrice et héroïne, Omishto – « celle qui regarde » – jeune indienne Taiga de 16 ans, vit entre sa mère taiga occidentalisée, un beau-père qui la maltraite, et Ama, sa « tante » d’élection, qui vit seule et à la manière traditionnelle, mais en marge des deux communautés, l’occidentale, et celle des anciens. Elle raconte ses journées, les sensations que lui évoquent le lieu dans lequel elle vit, les lumières, l’eau, la terre, les bêtes, la nature maltraitée. De fait, l’adolescente a plus d’affinité pour le silence et le mode de vie d’Ama que pour le monde de sa mère dans lequel elle a grandi.

Après un ouragan _ le tournant du roman _ Omishto se trouve prise avec sa tante dans le mythe de création Taiga. Elle part avec Ama sans comprendre pourquoi, la voit tuer une « Panthère » (de Floride, sous espèce du Puma). Elle sait que c’est un crime, car l’espèce est menacée et sa chasse interdite. Elle sait aussi que la Panthère est un animal sacré, que sa tante qui, comme elle, appartient au clan de la Panthère, les protège et leur parle. Elle comprend qu’elle assiste à un acte important dont le sens lui échappe, dont la légtimité lui paraît douteuse, mais contre lequel quelque chose l’empêche de s’élever.

Ama est arrêtée et Omishto montrée du doigt par la commuauté _ blanche et occidentalisée. Suivent deux procès, celui de la loi des Blancs au tribunal, puis le jugement des Anciens dans la communauté indienne traditionnelle. Acquittée par la loi des Blancs, Ama est condamné au banissement par les Anciens. Elle disparaît. Omishto s’installe chez elle, rêve et réfléchit tandis que tous viennent à sa porte lui demander des comptes _ lui demander « le récit », celui qu’ils souhaitent entendre et qui est différent pour chacun. C’est une épreuve initiaqtique au terme de laquelle Omishto ira rejoindre les anciens après avoir fait la paix avec sa mère.

Le rythme du roman est lent. Omishto, Celle qui Regarde, donne à voir et à sentir au lecteur, par petites touches. La prose est poétique et belle, proche du courant de conscience. Avec l’adolescente, on vit le déchirement, le non sens, l’ambivalence et l’exil du coeur, puis, peu à peu, on pénètre le mythe jusqu’à le comprendre, jusqu’à comprendre une forme de pensée autre _ celle des anciens Taigas, gardiens de la tradition. Avec elle, on comprend la nature et le sens profond du sacrifice, on touche le sacré dans ce qu’il peut avoir d’universel.

C’est une oeuvre complexe qui, derrière le récit poétique, place les indiens et ce qu’ils représentent au rang des espèces menacées meanspiritwebface à une forme de destruction bien plus dangereuse qu’un cyclone. C’est aussi, en filigrane, une réflexion sur la nature du récit, le sens qu’on lui prête et sa force agissante. C’est un récit – le mythe – qu’incarne Ama et dont Omishto cherche à comprendre le sens. Ce sont des récits qui sont jugés devant le tribunal et le conseil des Anciens. C’est encore un récit, une sorte de conte initiatique, qu’on livre au jugement du lecteur.

Du même auteur: Le Sang noir de la Terre. Lire la présentation.

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